📌 Note
Cette boxe retour au calme est encore en cours de création. Je partage ici mon avancée, mes essais, mes doutes, et ce qui fonctionne pour l’instant. Ce n’est pas un produit fini c’est un processus vivant, qui évoluera avec moi, et peut-être avec vous. Mon objectif ? Créer un outil autonome : un visuel clair, des cartes émotions, et des rituels que l’enfant ou l’adulte peut suivre sans dépendre d’une personne qui répète en boucle ce qu’il faut faire.
1. Introduction : Pourquoi j’ai commencé cette création
Je suis autiste. Et pour moi, les émotions ne sont pas des mots ce sont des vagues, des tensions, des bruits dans le corps. Quand je ne sais pas nommer ce que je ressens, je surcharge. Et quand je surcharge… j’explose en surcharge sensorielle, émotionnelle, ou physique.
Avec une amie, on a voulu créer une “boxe retour au calme” pour les classes un outil accessible, adaptable, et évolutif. Pas juste un kit sensoriel, mais un système : quelque chose qui permet à chaque enfant de trouver sa manière de retrouver le calme, de vivre ses émotions sans les réprimer, sans les juger, sans les cacher.
Parce que réprimer, c’est risquer d’exploser plus tard. Et ce n’est pas ce qu’on veut pour les enfants ni pour soi.
Mais je me suis rendu compte que les outils existants manquent d’autonomie : ils demandent souvent qu’une personne guide, répète, explique. Et quand on est en surcharge on ne peut pas écouter. Alors, j’ai décidé de créer un système qui se suffit à lui-même : un visuel clair, des cartes émotions, et des rituels simples pour que l’enfant ou l’adulte puisse suivre, même seul.
2. Le concept : 3 étapes, 3 rituels, 1 seul but — en cours de création
J’ai choisi 3 objets que j’ai à la maison — éponge, papier, coussin — et je les ai transformés en rituels. Chaque rituel suit 3 étapes :
- Extérioriser — libérer l’énergie,
- Souffler — revenir au calme,
- Communiquer — mettre des mots, des images, ou des gestes sur ce que j’ai vécu.
J’ai fait ces recherches parce que j’ai remarqué que les “boîtes sensorielles” existent partout mais il n’y a presque jamais de ligne de conduite : que fait-on avec tous ces objets ? Comment les utiliser ? Comment les expliquer à un enfant, sans qu’il se sente coupable d’avoir des émotions fortes ?
On nous dit souvent : “Nomme ton émotion.” Mais quand on est en surcharge impossible de parler de façon cohérente. Alors, demander à un enfant, encore immature émotionnellement, de “se contrôler”… il n’est pas encore mature
Je rappelle : nommer les émotions est très important mais ne demande pas à un enfant de deviner ce qu’il vit quand il est submergé. On vit rarement une seule émotion — souvent, c’est un mélange : colère, peur, frustration, fatigue. Attendre qu’il retrouve le calme puis discuter ensemble de ce qui s’est passé et comment réagir la prochaine fois.
Je me suis dit : proposer des rituels simples, avec des étapes claires, qui permettent au cerveau de vivre l’émotion pas de la réprimer. C’était dur de trouver des sources sur les enfants la plupart parlent des adultes. Mais j’ai persévéré.
Et maintenant, je travaille sur le visuel autonome : une affiche ou un carrousel visuel, avec des pictos, des étapes, et des mots simples pour que l’enfant ou l’adulte puisse suivre le rituel sans dépendre d’une personne.
En plus, Il y a un kit de cartes émotions — avec :
- La définition de l’émotion (ex : “La colère, c’est quand on se sent bloqué, frustré, ou injustement traité.”),
- La source (ex : “C’est une réaction pour se protéger),
- Le ressenti dans le corps (ex : “On sent un poids dans la poitrine, les poings serrés, la mâchoire tendue.”).
C’est un outil pour comprendre, nommer, et vivre — pas pour réprimer.
3. Rituel 1 : Tordre l’éponge — le rituel de la réinitialisation
L’éponge, c’est mon reset. Je la tords — je sens la résistance, la texture, la tension. Puis je la lâche — je la regarde revenir à sa forme. Je respire en même temps. C’est comme si mon corps se réinitialisait.
Étapes :
- Extérioriser : tordre fort, sentir les fibres, la résistance.
- Souffler : regarder revenir, respirer lentement.
- Communiquer : dessiner ce que j’ai ressenti, dire ce qui s’est passé, ou chercher dans mon livret d’émotions.
En cours de création : je travaille sur un visuel pour cette étape — avec un picto d’éponge, une flèche “tordre → regarder → respirer”, et un mot simple : “Reset.”
4. Rituel 2 : Déchirer le papier — le rituel du vide
Le papier, c’est mon exutoire. Je le déchire — je sens le bruit, la texture, les bords qui s’effilochent. Puis je souffle dessus — je les regarde s’envoler. Le vide qui reste, c’est le calme qui arrive.
Étapes :
- Extérioriser : déchirer, sentir, entendre.
- Souffler : souffler, regarder partir.
- Communiquer : dessiner, dire, chercher dans le livret.
En cours de création : je prépare un visuel avec un picto de papier déchiré, une flèche “souffler → regarder partir”, et un mot simple : “Vide.”
5. Rituel 3 : Le coussin des émotions — le rituel de l’accueil
J’ai renommé le coussin “Coussin des émotions” — parce que ce n’est pas juste pour la colère. C’est pour tout : la joie, la peur, l’excitation, la frustration. Je crie dedans, je tape, je le serre comme un ami. C’est mon refuge.
Étapes :
- Extérioriser : crier, taper, vibrer.
- Souffler : serrer doucement, respirer.
- Communiquer : dessiner, dire, chercher dans le livret.
En cours de création : je travaille sur un visuel avec un picto de coussin, une flèche “crier → taper → serrer”, et un mot simple : “Accueil.”
6. Pourquoi ça marche — et ce que disent les neurosciences
Ce n’est pas de la magie — c’est de la neurologie. Le cerveau autiste apprend par répétition, structure, et sensorialité. Chaque rituel est un passage du corps au cerveau — du chaos au calme. Le mouvement libère, la respiration régule, le dessin ou la parole nomme.
Et ces outils, conçus pour les autistes, sont tout à fait utilisables pour la majorité des personnes ! Ce n’est pas interdit de se simplifier le quotidien avec des outils qui rendent nos pensées plus claires, nos émotions plus traversables.
Sources :
- Gross, J.J. (1998) — régulation émotionnelle.
- la régulation émotion expliquer simplement
- NIH — respiration et cortisol.
- Cerveau & Psycho — plasticité neuronale.
- Flux Positif — cortex préfrontal et pleine conscience.
7. Ce que j’ai appris — et ce que je veux partager
J’ai appris que les émotions ne sont pas des ennemies — ce sont des messages. Que je n’ai pas besoin de les cacher, de les juger, de les réprimer. Juste de les traverser — avec des outils, des rituels, de la patience.
Je veux partager ça une Boxe retour au calme parce que peut-être que d’autres autistes, ou leurs proches, ont besoin de ça aussi. Parce que vivre ses émotions, ce n’est pas un luxe — c’est une nécessité. Et on mérite tous des outils pour le faire — sans violence, sans honte, sans explosion.
Et surtout : je veux créer un outil autonome pour que l’enfant ou l’adulte puisse suivre le rituel sans dépendre d’une personne. Parce que parfois, la personne n’est pas là. Et parfois, on a besoin de se calmer — tout seul.
8. Conclusion : Et toi, c’est quoi ton rituel de retour au calme ?
Je n’ai pas de recette universelle. Je vous invite à créer le vôtre avec ce que vous avez, ce que vous sentez, ce qui vous calme. Parce que le calme, ce n’est pas l’absence d’émotion c’est la capacité à les traverser, sans exploser.
Et si vous avez une idée de rituel je suis là pour l’aider à naître. 🎨
Je partage mon avancée pas mon résultat final. Parce que la création, c’est aussi un voyage. Et je suis heureux·se de vous y emmener avec moi.